Le journal "La Décroissance" et les animaux non-humains

La Décroissance est un journal en français. Il est fait par Casseurs de pub. Il a été créé en mars 2004 (avec le numéro 20 car il est la suite d'un précédent titre). Il se présente comme le journal de la joie de vie. Sa tendance est l'écologie politique et la décroissance pour un temps. La Décroissance se veut anti-capitaliste et critique de la société de consommation. Le journal fait des critiques acerbes contre l'idéologie croissantiste et son monde, tout en promouvant la sobriété, pourtant il use abondamment de couleurs et d'images. De par sa critique de son monde contemporain et la volonté d'un retour en arrière sur certaines choses, on peut penser qu'il défend parfois des propos réactionnaires, comme on peut par exemple penser que cela est fait dans les pages 12 et 13 du numéro 161 de juillet-aout 2019.

Dans ce journal, il est peu question des animaux non-humains, ce qui se comprend tout à fait au vue de son orientation. Il peut prôner des mesures en faveur des animaux non-humains, mais il peut tout autant ne pas avoir de problème avec leur exploitation. Typiquement l'élevage à la ferme pourra être présenté positivement, tandis que l'industrialisation de l'exploitation sera condamnée. Si on devait lui définir une tendance vis-à-vis des animaux non-humains, le welfarisme serait probablement approprié et en fait plus précisément l'exploito-welfarisme. Il est du coup compréhensible d'y trouver de l'anti-véganisme, qui peut être particulièrement violent, mais ce caractère violent s'inscrit dans la ligne plus générale du journal et n'est donc pas spécifique au véganisme.

Actualités

Numéro 30 de février 2006

L'anti-espécisme est explicitement combattu dans le dossier "Les faux amis de décroissance". Il y est affirmé que ce qui fait la spécificité de l'Homme (pourquoi pas plutôt de l'Humain ?) par rapport aux animaux (car implicitement l'humain n'en serait pas) serait le libre-arbitre et la liberté de conscience. On peut juger cette position comme étant pour le moins critiquable. On peut par exemple penser au spinozisme, et proposer en particulier d'éventuellement s'intéresser à Frédéric Lordon et notamment à un texte dédié à ce sujet tel que "La querelle du déterminisme en sciences sociales : un point de vue spinoziste" dans "Spinoza et les passions du social" aux éditions Amsterdam en 2019. Pour le coup, cette position qui revient implicitement à considérer que l'humain est un empire dans un empire, sans que ne soit expliqué pourquoi il en serait ainsi, est tout à fait qualifiable de libéral-libertaire (car la pensée capitaliste pseudo-libérale pré-suppose le libre-arbitre, souvent voire toujours, comme on peut juger que c'est aussi le cas de la pensée libertaire au moins jusqu'au début du 21ème siècle), or libéral-libertaire est utilisé par le journal pour désigner des ennemis idéologiques. Et si on voulait boucler la boucle jusqu'au bout alors Frédéric Lordon peut encore s'avérer adapter : on ne lutte pas radicalement contre l'imaginiaire néo-libéral qu'en s'attaquant à son noyau dur méta-physique, c'est-à-dire à sa conception de l'homme [(sic)] (dans "Béquilles et imbéciles heureux" qui est la dernière sous-sous-partie du livre "La Société des affects - Pour un structuralisme des passions" publié en 2015 aux éditions Points et originellement paru en 2013 aux éditions Seuil).

Numéro 160 de juin 2019

Numéro 162 de septembre 2019

Numéro 163 d'octobre 2019

Numéro 164 de novembre 2019

Numéro 165 de décembre 2019 et janvier 2020

Numéro 168 d'avril 2020

Numéro 170 de juin 2020