Stricto-véganisme

Le stricto-véganisme est une façon de vivre qui exclut toute forme d'exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s'habiller, ou pour tout autre but. On peut assi l'appeler "véganisme strict", "véganisme intégral" ou "véganisme total".

Le stricto-véganisme implique le végétalisme. Il faut toutefois être conscient qu'il va au-delà, y compris sur le plan alimentaire (mais pas nutrionnel). En effet, le stricto-véganisme s'applique à tous les domaines (production, habillement, divertissement, testage, etc.). Pour ce qui est de l'alimentation, un consommable alimentaire fait exclusivement de végétaux est végétalien, mais son processus de production a pu impliquer de l'exploitation zoonimale, d'où le fait qu'une alimentation végétalienne n'est pas nécessairement stricto-végane.

Différence entre le véganisme et le stricto-véganisme

Dans la définition du véganisme de la Vegan Society, il n'y a pas nécessairement exclusion de l'exploitation. En effet, elle n'est exclu qu'autant que faire se peut. En cela, on peut trouver que la manière dont a été défini le véganisme est pragmatique par rapport à l'époque de sa création (qui est l'année 1944). Le stricto-véganisme est l'idéal du véganisme.

Une personne stricto-végane est végane, mais une personne végane n'est pas nécessairement stricto-végane. Une société végane est idéalement stricto-végane, mais il se peut pour une ou plusieurs raisons que cet idéal ne soit pas réalisable à l'échelle de la société (par exemple par insuffisance de moyens matériels), en tout cas à minima à une période historique donnée (car l'avancé de la science pourrait par exemple éliminer le ou les potentiels obstacles résiduels), donc l'application du véganisme à large échelle n'implique pas le stricto-véganisme, ni même sa possibilité, y compris si l'échelle de la société est un "bloc" ou "quasi-bloc" géographique (car on peut définir une société autrement que par une continuité territoriale plus ou moins approximative).

L'humanité dans le stricto-véganisme ?

Comme pour le véganisme tout court, peut se poser le questionnement de l'intégration ou pas de l'humanité dans le stricto-véganisme. En effet, si l'exploitation animale est exclu, cela n'indique nullement ce qu'il faut comprendre par "animal". On peut y inclure l'humain, et cela va bien avec une approche scientifique et la théorie de l'évolution des espèces émise par Charles Darwin. On peut aussi y exclure l'humain en considérant que l'espèce humaine n'est pas animal, mais on pourrait dans ce cas privilégier le terme "zoonimal" à "animal" pour rendre le point de vue sans ambiguité, au risque certes de compliquer sa compréhension par l'usage du terme "zoonimal" qu'il faut connaitre ou qu'il faut définir en plus du (stricto-)véganisme. Sur la même lancée d'usage du terme de zoonimal pour éviter toute mauvaise compréhension si on exclut l'humain, on peut penser qu'il vaut mieux utiliser un terme ne laissant pas de place au doute par rapport au stricto-véganisme et pour cela on peut proposer l'appellation de stricto-zoovéganisme.

Dans le cas où l'humanité serait incluse dans le stricto-véganisme (qui ne serait donc pas synonyme de stricto-zoovéganisme), alors il faut réflechir aux rapports sociaux humains. On peut par exemple s'interroger sur la compatibilité du stricto-véganisme avec le capitalisme. À défaut qu'il soit consensuel d'exclure par principe le capitalisme sous toutes ces formes possibles et réalistes du stricto-véganisme, on peut au moins estimer qu'il fait consensus qu'au moins certaines formes du capitalisme sont incompatibles avec le stricto-véganisme. Si toutefois on pensait que le capitalisme est incompatible avec le stricto-véganisme ou au moins que le stricto-véganisme est réalisable sous une forme non-capitaliste, alors on peut imaginer tisser des liens avec d'autres formes de faire société, comme entre autres le socialisme, le communisme, le convivialisme (au sens d'Ivan Illich), et/ou l'anarchisme (à ne pas confondre avec le chaos et l'anomie).